Ce qu’il faut savoir en matière de logement et de financement du logement en Afrique - Janvier 2021

Ce blog est une publication mensuelle du CAHF qui a pour but de vous offrir une synthèse d’informations sur les récents développements observés dans les secteurs du logement et du financement du logement en Afrique. Il s’inspire de faits marquants sur une période donnée et relayés dans les articles de presses locaux, nationaux et internationaux, blogs et articles pertinents, etc. Pour ce mois de janvier 2021, nous avons fait une sélection de cinq pays couvrant les thématiques de financement du logement, offre de logement, marché locatif et politique de logement. Bien entendu, cette liste n’est pas exhaustive.

  1. Algérie

En janvier 2021, la banque spécialisée dans la finance islamique, Al Salam Bank Algeria a lancé un nouveau service qui permettra de prendre en charge une grande majorité de la location en Algérie. Ce service, appelé ‘’Compagnie Malak’’, est disponible pour tous les souscripteurs au programme de Logement Promotionnel Aidé (LPA) d’où qui regroupe une certaine catégorie de citoyens dans l’achats de logements LPA.

Le bail entre la banque et les bénéficiaires pour ce type de produit aura une durée allant jusqu’à 25 ans. Les conditions pour en bénéficier sont les suivantes :

  • Les bénéficiaires doivent être des personnes physiques ; être de nationalité algérienne ;
  • Âgé entre 18 et 70 ans ;
  • Être salariés employés ou indépendant ;
  • Avoir un revenue mensuel minimum de 40 000 dinars.

De ce fait, toutes personnes répondant aux conditions définies ci-haut pourront contribuer à hauteur de 30% dans l’achat de leurs logements LPA.

Le ministre de l’habitat, de l’urbanisme et de la ville, Kamel Nasri, est revenu en janvier 2021 sur le sujet de la mise à disposition des nouveaux logements locatifs à bas prix en Algérie, chose qui avait déjà été annoncée par ce dernier il y’a quelque mois. La formule des logements locatifs à bas prix fait partie des projets stratégiques mis en place par le gouvernement algérien, d’où l’étroite collaboration du ministère de l’habitat, de l’urbanisme et de la ville avec différents promoteurs immobiliers.

Cependant, due à de nombreux points encore soumis à discussion avec les différents acteurs concernés par une telle proposition, une étape d’encadrement serait requise par le secteur de l’habitat, d’où l’élaboration d’un texte administratif qui devra voir le jour au cours de l’année 2021.

Le ministre de l’habitat, de l’urbanisme et de la ville revient sur les conséquences de la crise sanitaire mondiale liées à la COVID-19 dans le secteur de l’habitat en Algérie, qui a été moins affecté comparativement à d’autre secteur d’activités. Le secteur de l’habitat a eu des résultats plutôt satisfaisants en 2020, aux vues de la concrétisation des programmes mise en place par le président de la République en réalisant un million d’unité en 2020.

  1. Cameroun

Au Cameroun, la commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR), organe spécialisé du ministère des Finances, a conclu dans son rapport sur les entreprises publiques en 2019 que les parts de marché de la banque de l’habitat dans le financement de l’immobilier demeurent relativement faibles.

Le financement de l’habitat au Cameroun est réalisé par le Crédit Foncier du Cameroun (CFC), qui est la banque de l’habitat du Cameroun. Entre 1977 et 2018, grâce à ces crédits hypothécaires octroyés, les bénéficiaires ont pu construire 85 000 logements et acquérir 16 342 parcelles de terrains. Tous ces chiffres indiquent un faible investissement dans le secteur immobilier, pour une telle durée, comparativement à une forte hausse de la demande de logement au Cameroun.

De ce fait, le CTR conclut dans son rapport en recommandant aux pouvoir publics une révision du modèle économique du CFC, à l’image des institutions similaire d’autres pays africains, pour lui permettre d’accroitre ses ressources et d’élargir son périmètre d’activité, pour financer en masse les logements au Cameroun.

La Société immobilière du Cameroun (SIC) annonce la résiliation de contrat de bail de 452 locataires insolvables de toutes les cités SIC du Cameroun due au non-paiement de leurs charges locatives.

Cette résiliation de contrat de bail intervient un an après l’annonce d’une campagne d’identification des locataires des logements SIC. Ceci était dû au fait que la majorité des logements sociaux construits par l’État du Cameroun, à travers la SIC, font l’objet de micmacs, d’où il arrive souvent par exemple que certaines maisons construites pour les agents de l’État à revenu faibles soient plutôt habitées par des hauts fonctionnaires nantis et non éligibles. C’est en partant de ce contexte que la SIC a décidé de prendre des mesures plus strictes dans la gestion de son parc immobilier.

  1. Côte d’Ivoire

Le ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, Bruno Nabagné, a saisi l’occasion pour annoncer lors d’une cérémonie de signature d’une convention entre Gaou Productions et le Groupe d’Addoha, pour faire certaines clarifications quant au mode d’acquisition des logements sociaux en Côte d’Ivoire.

En effet, repenser le mode d’acquisition des logements sociaux, impliquerait un mode de paiement du prix total de logement par échelonnement pendant 15 à 20 ans, dépendant des négociations faites avec les banques des acquéreurs.

Le secrétaire d’État auprès du ministre de la construction, du Logement et de l’Urbanisme chargé du logement social, Lataille N’Guessan Koffi, a procédé à Yopougon-Niangon à la remise symbolique des clés de 450 maisons aux acquéreurs de la cité ADO de Yopougon. Ceci a été possible grâce à l’État Ivoirien qui y a investi une somme de 2 408 milliards de francs CFA (4,5 milliards US$) pour la finition des bâtiments, la réalisation de la station d’épuration des eaux usées et la réalisation des voies d’accès ainsi que l’amenagement paysager de la cite ADO.

La Société Ivoirienne de construction et de gestion immobilière (SICOGI), à travers son directeur général Bouaké Fofana, entend après le redressement de la SICOGI reprendre toute sa place dans la politique du logement du gouvernement.  La SICOGI est parvenue à l’équilibre d’exploitation au 31 décembre 2019, un an avant le terme du plan de restructuration. L’année 2020 est venue confirmer ce retour à l’équilibre d’exploitation.

  1. Maroc

La société de financement des institutions de microfinance du Maroc, Jaïda, est proche d’obtenir une ligne de crédit de 10 millions d’euros, équivalent à 12.1 millions US$ auprès de la Banque européenne d’investissement (BEI) pour financer des structures de microfinance ainsi que des micros et petites entreprises.

Le rapprochement entre la BEI et Jaïda aura pour but de consolider le rôle de financeur et d’accompagnateur de cette dernière des institutions de microfinance dans leur stratégie d’inclusion financière au Maroc.

Au Maroc, les promoteurs immobiliers reviennent sur le programme de soutien au logement social, qui a permis de réduire d’environ 80% le déficit en logements sur la période 2000-2020, en passant de 200 000 logements à 1.2 million d’unités. Ce dispositif de soutien au logement est arrivé à terme en 2020, mais interpelle sur la nécessité de mener une réflexion approfondie sur un nouveau paradigme en la matière à même de maintenir une cadence élevée de production de logements sociaux, tout en rassurant les partenaires en leur offrant un équilibre dans un écosystème capable d’amorcer une véritable relance.

Le programme de soutien au logement social a été prolongé d’une année dans des conditions très strictes, à savoir l’obtention d’autorisation de construire avant le mois de mars 2020, notamment pour les projets en cours de réalisation, mais qui ont été suspendus suite à la crise du COVID-19.

Pour pallier à cela, les représentants des promoteurs immobiliers ont plaidé pour des alternatives urbanistiques permettant de construire plus de logement et de compenser les avantages de la défiscalisation en dérogation pour les constructions en hauteurs. Pour les promoteurs, sans ces conditions-là, construire des logements pour 250 000 dirhams, serait une production à perte.

Les promoteurs immobiliers marocains estiment que le secteur immobilier au Maroc demeure surtaxé, où on retrouve plusieurs taxes, notamment, l’impôt sur les sociétés (IS), l’impôt sur les revenues (IR), les droits d’enregistrement et le droit de la conservation foncière.

En outre, la crise du COVID-19 a exacerbé la nécessité d’une révision du mode de conception, dont les minimas règlementaires et les densités qu’ils accueillent ne sont plus conformes à un mode de vie qui se transforme.

  1. Sénégal

Le ministère de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique (MULHP) est entré dans une phase accélérée du projet 100 000 logements et marque l’implication des partenaires privés aux côtés des entreprises nationales pour une livraison dans un délai raisonnable des logements sociaux aux sénégalais.

En effet, en janvier 2021, le ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique, Abdoulaye Saydou Sow, a signé un protocole d’accord avec la Société d’Investissement (S2I) dans le cadre du projet 100 000 logements. Les deux parties s’engagent à collaborer mutuellement pour la construction sur le site de Bambilor, à la diligence et sous la maitrise d’ouvrage de l’État du Sénégal.

La première phase consiste à la construction de 429 villas d’une valeur unitaire de 12 000 000 FCFA (22 184 US$) hors taxes et frais, dont la livraison de 200 unités seront effectuées au second trimestre de 2021, et une autre partie consiste en la construction de 172 villas économiques dont la valeur unitaire ne dépasse pas 16 000 000 FCFA (29 579 US$) hors taxes et frais.

La deuxième phase consiste à la réalisation de 50% des villas prévues pour la première phase er portera un total de 916 logements (458 logements sociaux e 184 logements économiques).

Selon l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), le coût de la construction d’une maison au Sénégal devient de plus en plus élevé. En effet celui-ci a augmenté de 2.6% comparé à l’année dernière et est causé par le renchérissement de la main d’œuvre, de la location du matériel, ainsi que des matériaux de construction.

ANSD détaille, en précisant, que le coût de la main d’œuvre s’est élevé de 2.6%, les prix des matériaux de construction ont de leur côté rebondi de 0.4%, le coût de la location du matériel s’est inscrit en hausse de (+0.1%) comparativement au trimestre 2020. Et le coût des << moyens de gestion >> a enregistré une baisse de 0.1% au cours de la période sous revue de 2020.

 

 

 

 

 

 

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