Webinaire : Habitat durable, adaptation et résilience : quel modèle économique ?

Ce webinaire s’est déroulé le 6 novembre 2020. Les intervenants ont discuté de l’importance du logement dans la résilience des populations, surtout pour celles vivants en zones sahéliennes. Un tableau des enjeux, le contexte acteur et les défis du financement du logement abordable ont été abordés lors des échanges entre Emmanuel Bossenenc, l’Association Voûte Nubienne (AVN) ; Olivier Vidal, responsable du programme francophone au CAHF et Dominique Lesaffre, DG Solidarité Internationale pour le Développement de l’Investissement (SIDI).

L’intégralité du webinaire ainsi que les échanges avec les participants est disponible sur le lien suivant https://www.youtube.com/watch?v=r5fotMY3UTM&feature=youtu.be.

La présentation d’AVN s’est articulée autour de son programme entre l’aide au développement et les leviers financiers du marché de l’écoconstruction. L’adaptation du secteur de la construction est un réel défi au sahel dans la mesure où la plupart des logements existants tendent à adopter des designs occidentaux avec par exemple les toitures métallurgiques. Celles-ci sont inadaptées dans une région où le climat est déjà chaud. Par ailleurs, la technique de construction VN est adaptée aux pratiques constructives locales, d’où l’écoconstruction—utilisation de briques en terre, etc.

Pour une expansion adéquate de la technique VN, des mécanismes financiers dédiés sont nécessaires pour accompagner la croissance de ce marché. L’état des lieux du marché du financement en Afrique nous montre que les efforts réalisés sont en la matière sont encore insuffisant. Par exemple en Afrique de l’ouest, les banques offrent en moyenne 15 000 prêts hypothécaires/an pour une demande d’environ 800 000/an. Selon les statistiques, en 17 ans, environ 40 milliards US$ ont été investi et seulement 4 milliards US$ ont été directement investi dans le logement. Il faut aussi noter que la plupart des États Africains se financent beaucoup par le biais d’émissions obligataires à taux très attractifs pour les investisseurs internationaux, réduisant ainsi la compétitivité des obligations emises par le secteur privé Africain, réduisant les possibilités de developpement des autres secteurs tels que le logement. Pour un soutien de ce marché il serait bon de nous pencher sur quelques solutions telles que :

  • Les caisses de refinancement hypothécaires : par exemple la CRRH-UEMOA axée uniquement sur le refinancement de prêt au logement de moins de 25 000 euros permet aux banques commerciales de réduire les risques d’emprunts.

Elle envisage aussi le refinancement des institutions de microfinance (IMF) afin de leur permettre elles aussi de jouer un rôle important dans l’accès au financement du logement des populations du secteur informel et à faible revenu ;

  • Les fonds de placements immobiliers ou REITS ;
  • La diaspora Africaine : c’est source importante et stable de ressources pour le continent. Son impact pourrait se situer dans l’utilisation de deux outils comme les Diaspora Bonds et les prêts hypothécaires diaspora ;
  • Les fonds de pensions (actifs sous gestion en 2008, 293 milliards US$ ; en 2020, 1 100 milliards US$) : malheureusement dans certains pays Africains, les règlementations ne permettent pas l’investissement de ces institutions dans le logement. Les pays qui l’autorisent sont l’Afrique du Sud, la Namibie, le Botswana (jusqu’à 10% du portefeuille des fonds de pension) ont pu noter un changement considérable au niveau des questions d’accès au financement du logement ;
  • Développer le secteur locatif.

La méthodologie d’AVN inclue la formation et le soutien d’une filière écoconstruction ; la sensibilisation et l’accompagnement des différentes typologies de clientèles ; et la mobilisation d’un ensemble de parties prenantes permettant de générer un environnement d’affaire favorable.

AVN a réussi à développer un produit propre au marché sahélien appelé « crédit habitat – voute nubienne ». C’est un produit de microfinance pour une unité de base de 25-35 m2 donnant accès à un prêt de 200-500 US$ remboursable entre 18-24 mois.

Ce financement qui couvre 15-20% des dépenses répond aux besoins de financement de la plupart des ménages sahéliens. Dans ce cas de figure, le client apporte lui-même ses matériaux et sa main d’œuvre.

 

 

 

 

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