Ce blog est une publication mensuelle du CAHF qui a pour but de vous offrir une synthèse d’informations sur les récents développements observés dans les secteurs du logement et du financement du logement en Afrique. Il s’inspire de faits marquants sur une période donnée et relayés dans les articles de presses locaux, nationaux et internationaux, blogs et articles pertinents, etc. Pour ce mois de février 2021, nous avons fait une sélection de cinq pays couvrant les thématiques de financement du logement, offre de logement, marché locatif et politique de logement. Bien entendu, cette liste n’est pas exhaustive.

  1. Gabon

La société nationale immobilière (SNI) attire l’attention des populations, potentiels acheteurs, à faire preuve de prudence et vigilance face à des arnaques récurrentes sur son site de Bikélé qui compte plus de 1000 logements en location-vente (Lot Estuaire) et vente directe (Lot Atlantique).

Il se produit des ventes illégales des parcelles aménagées dans son lotissement de Bikélé. Le projet de ce lotissement date de 2014, et n’a pu être livré. Le gouvernement gabonais, initiateur dudit projet avait eu à se concerter avec les clients pour céder les maisons dans les mêmes conditions, quelle que soit l’avancée des travaux.

Pour permettre de répondre aux attentes des populations dans le secteur du logement au Gabon, le gouvernement a mis en place un comité technique, dans un bref délai, afin de trouver des solutions juridiques et financières.

Le gouvernement gabonais prévoit d’enquêter sur la conformité des baux administratifs au cours de l’exercice 2021 et pour cela, la Direction Général du Patrimoine de l’État (DGPE) collectera les contrats de location à l’échelle nationale et dans les missions diplomatiques et postes consulaires avant de procéder à un contrôle.

Cette procédure permettra aussi au gouvernement de réaliser une base de données en localisant les bâtiments, en identifiantles occupants et les administrations affectataires. La DGPE procèdera aussi à la signature des contrats de location, ainsi les baux nationaux seront systématiquement établis au format type et les montants conformes au barème des loyers prescrit par la task force qui sera constituée.

  1. Mali

Dans le but de vouloir améliorer les conditions de logements des maliens, l’Office Malien de l’Habitat (OMH) a remis des prix aux trois lauréats du concours d’architecture et d’urbanisme pour la conception de cités modèles de logements à N’Tabacoro,

Oragnisée sous le leadership du ministère en charge de l’Habitat, avec l’appui technique de la Direction nationale de l’Urbanisme et de l’Habitat ainsi que des ordres professionnels du bâtiment, la cérémonie a vu les trois lauréats être encouragés respectivement de cinq, trois et deux millions de FCFA. Du premier au troisième prix, il s’agit du groupement Soudanaise/EDIFICARE, le cabinet d’architecture ARCADE et du groupement URBADEX/ARCHIK.

  1. Tunisie

Le ministre tunisien de l’Équipement, de l’Habitat et de l’Infrastructure, Kamel Doukh, a prévu le parachèvement des travaux du projet du complexe résidentiel ‘’Doha’’ à Sidi Hassine Essijouni (à l’Ouest de Tunis) lors d’une rencontre avec l’ambassadeur du Qatar à Tunis, Saad ben Naceur Al-Hamidi, le jeudi 4 février 2021.

Le projet ‘’Doha’’ consiste en la construction de 810 logements sociaux dans la région de Sidi Hassine Essijoumi et rentre dans le cadre du ‘’programme spécifique des logements sociaux’’ financé par le Fonds qatari pour le développement (QFFD). Les travaux ont enregistré un taux d’avancement de 90% à la fin de janvier 2021.

La société tunisienne étatique, Al Karama Holding, sous la supervision du Ministère des Finances et qui gère plus de 50 sociétés à travers des participations directes et indirectes, annonce la cession de 100% du capital de la société de promotion immobilière et d’aménagement urbain ‘’JNAYNA’’, société a responsabilité limitée (SARL), créée en 2000 dont le capital social actuel est de 4 600 000 dinars tunisiens.

La date de délai de dépôt des manifestations d’intérêts dans cette cession, par les investisseurs intéressés par l’appel, a été reportéedu jeudi 18 février 2021, au mercredi 31 mars 2021.

La plateforme digitale de référence dans le secteur immobilier en Tunisie et au Maroc, Mubawab, annonce un investissement de 10 millions de dollars US pour accompagner l’écosystème immobilier afin d’accentuer son avance technologique et d’accélérer son expansion dans la région du Maghreb.

Cet investissement permettra le renforcement des services Mubawab au Maghreb, la création d’emplois avec un recrutement de près de 200 collaborateurs et le développement de nouvelles activités dans l’immobilier avec un département ‘’Ad-Agency’’ dédié à la création du contenu digital pour le compte des professionnels du secteur (maquettes 3D, vidéos d’animation 3D, visites virtuelles, etc).

  1. Togo

Le gouvernement togolais, dans le cadre du Plan National de Développement (PND), s’engage à construire 20 000 logements sociaux d’ici 2022. Ces logements devront être proposés à des prix abordables tout en respectant des critères de qualité.

Le gouvernement ambitionne d’augmenter le nombre de manière plus importante avec une formule associant le secteur privé togolais.

  1. République démocratique du Congo

Le président de la RD Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, a concrétisé le lancement du projet Kitoko, porté par l’architecte sénégalais Pierre Goudiaby Atepa, au cours d’une visite officielle en Égypte où il s‘est entretenu avec le président Abdel Fattah-al-Sissi.

Le projet Kitoko consiste à l’extension de la ville de Kinshasa, confié à Income, un consortium égyptien, qui participe déjà aux travaux de construction de la nouvelle capitale du Caire, lancés depuis quelques années par le président égyptien. Le coût du projet Kitoko est estimé à 3,8 milliards de dollars US pour la première phase. Cette première phase comprend la conception de la structure de la nouvelle ville et de la cité de la diaspora avec 6000 logements et s’etendra sur une durée de travaux allant de 5 à 10 ans. Il y sera érigé aussi une cité gouvernementale, un palais des congrès, un palais de justice, des hôpitaux et des logements.

D’autres accords de partenariat ont été signés pour le développement des deux nations et aussi pour la consolidation des relations bilatérales RDC-Égypte, entre d’une part des sociétés égyptiennes et de l’autre, le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) et quelques ministères.

Le gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila, est aller suivre l’évolution des travaux de construction des logements dans la commune de Kinshasa, entrepris par l’entrepreneur français Benoît Sprunck, lors d’une visite de courtoisie. Le gouvernement provincial de Kinshasa, dans son programme, veut offrir à la population de Kinshasa des logements sociaux de qualité.

Le constructeur français a renseigné que les logements construits sont destinés à la vente, à des prix qui seront fixés au terme des travaux selon les différentes bourses. Il y sera construit une cinquante de maison de type moderne pour la haute classe sociale de Kinshasa.

Le cabinet Deloitte a mené des études sur le secteur bancaire en République Démocratique du Congo, desquelles ressort un résultat plutôt négatif, dû notamment à plusieurs facteurs risques, tels que, la forte dépendance à la devise américaine (US$), le problème de liquidité de la Banque Centrale du Congo (BCC) et la faible pénétration bancaire en RD Congo.

En effet, la dépendance du système bancaire congolais à la devise américaine créée un risque potentiel d’effondrement en cas de perte d’accès au dollar américain. Plus de 90% des actifs et des dépôts bancaires sont libellés en dollar américain et la majorité des opérations de compensation sont faites principalement en dollar américain. Entre 2016 et 2017, le franc congolais a perdu 31% de sa valeur, tout ceci augmentant le risque d’effondrement en cas de changement brusque.

La BCC est le régulateur du secteur bancaire en RD Congo et il lui est difficile d’agir efficacement pour répondre aux difficultés de liquidité d’un établissement bancaire du fait de la faiblesse des réserves de change qui oscillent entre deux à quatre semaines d’importation, en ayant comme risque, une diminution considérable du champ d’action.

Pour une population de près de 80 millions d’habitant, la pénétration bancaire en RD Congo reste toujours faible, estimé à 7% des adultes en âge de travailler qui détiennent des comptes bancaires. Les crédits octroyés par le secteur bancaire ne représentaient que 5,8% du PIB en 2019.

Le ministre des affaires foncières de la RDC, Aimé MOLENDO SAKOMBI, a rappelé les ambitions atteintes par son ministère depuis 2019 et celles en cours d’effectivité. A cela, s’ajoute aussi les difficultés rencontrées en 2020 qui ont été causées par la pandémie du coronavirus qui a affecté le secteur foncier de la République Démocratique du Congo.

En effet, le ministère des affaires foncières, a signé un contrat de numérisation du Cadastre foncier avec l’entreprise turque Harmiad et la bancarisation de toutes les opérations foncières et immobilières supérieur à 10 000 dollars américain en 2020. Ces mesures permettront de mettre fin aux mesurages et bornages approximatifs, et tous les arrangements qui font perdre de l’argent de l’argent au Trésor public congolais.

Lors d’une cérémonie d’échange de vœux entre les cadres et agents de l’administration foncière et le ministre d’affaires foncières, Aimé MOLENDO SAKOMBI, le secrétaire général aux affaires foncières, Gérard MUGANGU, a révélées le bilan des deux ans de la gestion du ministère des affaires foncières.

En effet, les avancées évoquées pour 2020 sont les suivantes :

  • La création des bureaux de police foncière dans le souci d’uniformiser le fonctionnement des services ;
  • La création d’une cellule de traitement des dossiers de mutation a caractère commercial ;
  • La bancarisation des transactions excédant 10 000 USD ;
  • Le développement du projet de création d’une structure pour gérer la traçabilité des hypothèques au niveau de banques commerciales ;
  • L’amélioration de l’image de marque du ministère en luttant contre les antivaleurs qui s’évertuent dans les pratiques de coulage des recettes ;
  • La signature du protocole d’accord pour la numérisation du Cadastre et ;
  • Le projet d’érection de Corniche de la baie de Ngaliema.

Pour le ministre des affaires foncières, 2021 reste une année déterminante marquée par la concrétisation des changements qui balayeront les anciennes tares collées à l’administration foncière telles que la corruption, la fraude, l’enrichissement illicites de certains cadres de ce ministère.

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